Critique : Les Rêveurs de Isabelle Carré, et Play Boy de Constance Debré

Critiques : Les Rêveurs de Isabelle Carré, paru en 2018, et Play Boy de Constance Debré, paru en 2018

 

Ces deux romans, aux histoires et autres différentes ont malgré tout de nombreux points communs, on a affaire à des familles hors normes, même si on peut se demander ce qu’est la norme, et qu’on aborde l’homosexualité du père chez Isabelle Carré, et de la narratrice chez Constance Debré.

 

Chez Isabelle Carré, l’histoire commence avec sa mère et de sa maternité juvénile, refusée par sa famille, qui trouvera comme échappatoire un mariage avec son père, un jeune artiste issu d’un milieu modeste. Deux mondes différents et en opposition. De ce mariage peu banale naîtront Isabelle et un petit frère. Son enfance se passera dans le Paris Bohême des années 70 et 80 qui est intellectuel et anticonformiste. Le père, après une carrière chez Cardin, monte une entreprise avec ses hauts et ses bas tandis que la mère devient le vrai chef de la famille. Cependant, certains non-dits subsistent comme l’amour de jeunesse de la mère, qu’elle retrouvera à la fin, mais surtout l’homosexualité du père qui se révèle le plus en plus évidente. C’est pourquoi la narratrice fait une tentative de suicide suivie d’une hospitalisation psychiatrique. Tout devient évident quand les parents divorcent et l’auteure prend son envol par la découverte du théâtre pour devenir cette comédienne qu’elle est devenue. Chacun, après bien des péripéties, trouvera sa voie et assumera sa différence.

 

Constance Debré nous parle de son homosexualité et de son amour des femmes. Issue d’une famille de la grande bourgeoisie et après un mariage raté, l’auteure décide d’assumer sa différence et de le vivre au grand jour : Il y a d’abord son histoire avec Vanessa, une femme plus âgée qu’elle et issue de la petite bourgeoisie de province. Elles n’hésitent pas à sortir des convenances mais très vite elle se lasse des limites de sa partenaire, dû à une éducation différente. Ensuite, Constance entame une relation avec Albert, beaucoup plus jeune et la fille d’un ancien compagnon de drogue de son père, lui un ancien drogué. L’amour est plus passionnel et torride, avec une description, chez l’auteure, de relations crues. Mais, Constance se lasse assez vite et elle veut rester libre pour de pas dépendre des autres. C’est pourquoi elle la quitte. Dans la 3ème partie, elle parle de sa famille, des Debré, qu’elle aimerait tant choquer, de ses parents et de l’amour/haine qui la lie à son père, au contraire de sa sœur très conformiste. A la fin, ses histoires d’amour ne changent rien à sa vie, elle, une personne si peu conformiste.

 

Si ces deux romans m’ont touchée, c’est qu’on a affaire à deux familles hors du commun et en même temps banales. A travers l’homosexualité du père, chez Isabelle Carré, ou celle de l’auteure, chez Constance Debré, je m’aperçois que la normalité n’existe pas dans les familles, que nous sommes tous différents, chacun dans sa propre différence que nous assumons plus ou moins, la normalité n’étant qu’une affaire de convenances, imposées par la société à un moment donné. C’est pourquoi les opposants au mariage pour tous sont dans l’erreur, quand ils disent une famille normale c’est un papa et une maman avec des enfants, alors que l’histoire de ces deux familles représentatives nous montrent le contraire. C’est pourquoi j’ai aimé ces deux histoires.

 

 

Sophie Laurence Françoise D.

 

 

 

 

 

 

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