Critiques : Mauvais Genre, de Axel Leotard, Choisir de Vivre, de Mathilde Daudet, et Le Mâle-Etre, de Sophie Tardy

Critiques : Mauvais Genre de Axel Leotard, paru en 20019, Choisir de Vivre, de Mathilde Daudet, paru en 2016, et Le Mâle-Etre de Sophie Tardy, paru en 2016. 

 

Ces trois récits sont les histoires, chacune personnelle, de trois personnes transgenres, un homme et deux femmes, qui ont choisi d'être et de devenir ce qu'ils ont toujours été. Pour cela, il et elle ont dû entamer un long et dur combat, malgré les préjugés et les obstacles, notamment administratifs.

 

Je parlerai d'abord d'Axel, très connu dans le monde de la photographie et des combats pour les droits LGBT. Depuis toujours, Alex s'est senti garçon et non fille. C'est à 30 ans qu'il a décidé de devenir cet homme qu'il a toujours été.

Vers 2005, sa connaissance du milieu LGBT lui a permis cette transition qu'il souhaitait depuis toujours. Là, il plonge dans le monde de la communauté transgenre, il n'hésite pas à commencer sa prise d'hormones en dehors du circuit officiel. Très vite, il s'aperçoit de certaines impasses de cette communauté. De plus, il critique les rigidités et les aberrations du parcours officiel, qui depuis se sont assouplis, comme j'ai pu le constater personnellement.

Cependant, sa détermination fait qu'il parvient à surmonter les obstacles et à aider d'autres à s'en sortir, comme Aurore. Il fait aussi le portrait de certaines personnalités fortes, aussi bien trans que non trans. Le résultat, c'est qu'il parvient, après deux opérations et une détermination auprès de la justice, à devenir ce garçon qu'il a toujours été, tout en faisant surgir, dans les années 2005-2010, la question des personnes transgenres dans la société française.

 

Choisir de Vivre est l'histoire de l'arrière petite fille d'Alphonse Daudet, Mathilde qui naît garçon, mais décide de devenir femme à 60 ans. En fait, elle l'a toujours été, depuis toute petite, avec cette histoire des jumeaux Thierry/Mathilde qui ne cesse de cohabiter et de s'opposer. Il y a Thierry dont toute l'éducation, notamment religieuse, pousse à devenir un homme, sous l'influence d'un père strict, alors que Mathilde est en retrait.

La mort du père est une libération et les deux jumeaux deviennent des adolescents, puis de jeunes adultes. Thierry se marie, fonde une famille et devient un grand reporter tout en gardant ce malaise en lui. La mort d'un jeune frère, François, est une nouvelle étape où Thierry perd toutes ses certitudes religieuses. Il divorce et entame une nouvelle carrière de grand producteur, Mathilde étant toujours à ses côtés. Il fait la connaissance de celle qui sera sa nouvelle femme, et qui sera d'un grand secours dans sa transition.

Les années passent et le malaise demeure toujours. Après bien des péripéties, Mathilde prend le dessus sur Thierry, qui petit à petit décide de rendre les armes. Le processus de transition médicale est enclenché, où, de Thierry naît Mathilde, une femme sûre et épanouie, malgré le "tamis à cons", mais elle est devenue cette femme qu'elle a toujours été, ouverte sur le monde et non plus enfermée dans des dogmes religieux.

 

Le Mâle-Etre, c'est l'histoire d'Isabelle qui a longtemps été enfermée dans le corps de Jean-Christophe, jusqu'à l'âge de 43 ans. Comme Mathilde, Isabelle a été sous la coupe d'un père tyrannique, se pliant à tous ses desiderata et ses injonctions, sous la coupe de ce "couple d'apparat".

Il  entame de brillantes études, une brillante carrière dans le privé et se marie avec Christine pour fonder une famille, avec 3 enfants. Cependant, cette femme est toujours en lui et les années passant mais cette réalité persiste. A la quarantaine, il craque et décide de changer de vie. Elle fait une confession à sa femme et pense qu'elle va la soutenir, mais très vite, les choses se dégradent. Toute sa famille la rejette, sauf son frère qui est extérieur à cette famille, et Isabelle entame seule sa transition.

Après une tentative de suicide, son parcours est entamé, certains s'éloignent d'elle tandis que d'autres s'en rapprochent. Cependant, Isabelle devient cette femme qu'elle a toujours été et a retrouvé le plus important pour elle : le soutien et l'affection de ses 3 enfants.

A la fin, on a une femme épanouie qui a fait fi des conventions et des préjugés, pour devenir cette personne humaine et ouverte sur la société, dans sa diversité et sa complexité.

 

Ces trois récits sont intéressants à plus d'un titre. Il montre que les personnes transgenres ont été longtemps niées dans la société, rejetées et que pour survivre, elles ont dû se cacher et se mentir à elles-mêmes, comme moi. A chaque fois, il y a ce moment où ce n'est plus possible, et la personne se doit de se définir dans son vrai genre. L'un se définissant comme garçon et les deux autres comme filles. A partir de là, il y a un non retour, certaines ruptures comme Isabelle, mais le fait de s'affirmer dans son vrai genre est toujours vécu comme une libération, comme j'ai pu le constater personnellement.

Mais cette transition n'est jamais facile avec ces aberrations administratives comme le montre si bien Axel Leotard. Enfin, il y a ce "tamis à cons" où il faut faire un tri dans ses relations. Cependant, cette réassignation de genre, aussi douloureuse soit elle, est toujours un mieux-être, aussi bien pour les personnes concernées que pour la société qui apprend à s'ouvrir aux différences. Ces différences qui font des personnes transgenres des individus plus ouvertes aux autres et humaines. A mon humble avis, je pense en être une petite illustration.

 

 

Sophie Laurence Françoise D.

 

 

 

 

 

 

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